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Scrabble, 2007. Camilla Hoel/CC/Flickr

TRIBUNE. Dans un entretien publié le 3 mars 2016 par le journal Libération, à la question « In fine, la question n’est-elle pas si, mais quand il y aura un accident majeur en Europe ? », le président de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), Pierre-Franck Chevet, a répondu : « Oui, il y en aura. Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe. Je ne sais pas donner la probabilité et on fait un maximum pour éviter que ça arrive, mais malgré tout, on pose le principe que ça peut arriver ».

 

Une telle déclaration de la part de l’ASN n’est pas réellement nouvelle mais elle a frappé les esprits, sans que toutefois la réalité de la chose apparaisse clairement pour le lecteur. Et, comme le dit le président de l’ASN, « On a peut-être un peu oublié Fukushima, c’était seulement il y a cinq ans ».

 

Pour comprendre ce que cela veut vraiment dire, il faut mettre en regard de la déclaration du président de l’ASN l’entretien publié le 4 mars 2016 par le journal britannique The Telegraph avec M. Naoto Kan, Premier ministre du Japon au moment de l’accident de Fukushima, en mars 2011.

 

Nous citerons ici simplement ce passage :

« Il dit qu’il avait considéré l’évacuation de la capitale, Tokyo, ainsi que celle d’autres territoires, à l’intérieur d’une zone de 250 km de rayon autour de la centrale, ainsi que la déclaration de la loi martiale. Il ajouta : « L’existence future du Japon était en jeu » et « Un événement de cette taille, l’évacuation de 50 millions de personnes, eut été comparable aux effets de la défaite dans une guerre majeure »[1].

 

Ainsi, chacun pourra se prononcer en connaissance de cause.

 

Et peut-être nos gouvernants prendront conscience de la responsabilité qu’ils assument, souvent en toute ignorance ou refus de regarder la vérité.

 

 

Bernard Laponche préside l’association qui édite le Journal de l’énergie.

 


[1] Traduction libre de l’auteur.